Avec Franquin

année de la bd 81

À l’heure où les éditions Dupuis publient Franquin et les fanzines - un recueil de plus de300 pages regroupant la totalité des interviews accordées par André Franquin à plus d’une vingtaine de fanzines entre 1971 et 1996 -, il apparaît que l’exhaustivité espérée n’est pas au rendez-vous. Ainsi l’éditeur de cet ouvrage – par ailleurs signataire de ce blog – a totalement oublié une interview de Franquin réalisée par ses soins en 1981 dans le cadre de la première édition de L’année de la bande dessinée alors dirigée par Jean-Luc Fromental.
Ces quelques propos retrouvés complètent donc l’ouvrage précité.)

Mais Comment font-ils ?

L’album est là entre vos mains, fraîchement déballé par votre cher libraire. Vous feuilletez avec avidité les pages sur lesquelles s’inscrit le génie graphique de votre auteur préféré. Aussitôt, une question s’impose à vous : “ Mais comment fait-il ? ”
André Franquin, qui n’est plus à présenter, nous répond ; même s’il ne manque pas de préciser que chaque dessinateur a sa propre manière de travailler.
Voici donc la sienne.

“ Le crayonné : c’est la mise en place du personnage et des principaux éléments du décor dans l’image. Cependant, si je bute sur l’attitude ou l’expression d’un personnage, il peut m’arriver de procéder à quelques dessins préparatoires sur une feuille volante.
C’est aussi à ce stade que je trace sur ma planche les portées qui m’empêcheront d’écrire les textes de travers.
Ceci est le second stade du crayonné. Après la mise en place, je le pousse plus à fond. Je « fixe » ainsi une expression que je trouve amusante et que je ne veux pas perdre en route… Les décors, eux aussi, sont retravaillés et je recherche, s’il le faut, la documentation qui me servira à dessiner tel ou tel objet.
La mise à l’encre : la partie que, généralement, les dessinateurs craignent le plus. L’encrage peut transformer un crayonné dynamique en un dessin plat et sans vie.
Pourtant, encrer m’amuse beaucoup : cela me permet de dessiner une seconde fois ma planche.Quel plaisir que de refaire une grimace rigolote !
La mise au propre. Pas de mystère : vous prenez une gomme et vous frottez.
Je retouche parfois, je gouache une petite tache ou un trait en trop. Il m’arrive même, si le papier le permet, de faire disparaitre un personnage à l’aide d’une lame de rasoir et de le redessiner ensuite.
La mise en couleur. Je précise encore une fois que chaque dessinateur a sa méthode personnelle.
Pour ma part, je pose sur ma planche un film lisse d’un côté et mat de l’autre. Ensuite, à l’aide de crayons de couleur très aiguisés, je colorie très minutieusement sur le côté mat du film. Puis, jenvoie le tout à Léonardo Vittorio, le coloriste des Editions Dupuis, qui, grâce à un système breveté, reproduit mes couleurs au format de parution.
La fin de l’histoire, vous la connaissez. ”

Le petit matériel de Franquin :
Papier Shoellers fin grain.
Porte mine + mine graphite HB.
Gomme caoutchouc.
Plume à dessin ou pinceau.
Encre de chine.
Rotring (pour le Idées Noires).
Lame de rasoir neuve.

planche Franquin

Planche réalisée pour la télévision suisse romande en 1976 puis reprise dans le fanzine suisse Spécimen avant d’être commentée par Franquin pour L’année de la bande dessinée.

avec Franquin, gaston case nb avec Franquin -gaston couleur

 

 

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